autruche du midi éléveur producteur

 

L’AUTRUCHE

 

 INFORMATION SUR LA BIOLOGIE DE L’AUTRUCHE.
  1 : ZOOLOGIE.

  2 : MORPHOLOGIE.
           
2-1 : Généralités.
            2-2 : La tête.
            2-3 : Le cou.
            2-4 : Les ailes.
            2-6 : Le corps.
            2-7 : Le plumage.

  3 : ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.
           
3-1 : Le système digestif.
            3-2 : Le système respiratoire.

  4 : LA REPRODUCTION.
           
4-1 : Le système reproducteur femelle.
            4-2 : Le système reproducteur mâle.
            4-3 : La période de reproduction.

  5 : L'ALIMENTATION.

  6 : LES AUTRUCHES SAUVAGES.
           
6-1 : Habitat naturel.
            6-2 : L’organisation sociale.
            6-3 : Instinct de conservation.

 


 

INFORMATION SUR LA BIOLOGIE DE L’AUTRUCHE.

 

            1 : ZOOLOGIE.

L’autruche appartient à la sous-classe des Ratites. Cette dernière se compose d’oiseaux dont le sternum a la forme d’une cuirasse, mais ne comporte pas d’arête médiane. Chez l’autruche le sternum est appelé bréchet.

Par cette différence, les Ratites se distinguent des autres oiseaux, ils ne peuvent pas voler, les muscles des ailes s’appuyant normalement sur le bréchet.

On les nomme également oiseaux coureurs en raison de leur unique moyen de locomotion.

 

L’ordre des Struthioniformes est subdivisé en quatre sous-ordres et comprend en outre l’autruche, le nandou, l’émeu, le casoar et le kiwi .

Les Ratites vivent essentiellement dans l’hémisphère sud.

            L’autruche en Afrique.

            L’émeu en Australie.

            Le casoar en Nouvelle Guinée.

            Le kiwi en Nouvelle Zélande.

            Le nandou en Amérique du sud.

Le sous-ordre des Struthiones comprend le seul genre Struthio, constitué d’une seule espèce, l’autruche, Struthio camelus. Cette espèce ne compte plus que quatre sous-espèces depuis 1924, lorsque la dernière autruche d’Arabie à été tuée en Syrie.

Deux sous-espèces d’autruches ont, en dehors des périodes sexuelles, la peau du cou et des cuisses rosâtres : l’autruche d’Afrique du Nord (Struthio camelus  camelus) et l’autruche des Massaïs (Struthio camelus massaicus). La sous-espèce des Massaïs est moins chauve que celle d’Afrique du nord et possède une collerette de plumes blanches au tiers inférieur du cou, beaucoup plus étroite mais mieux circonscrite. Les deux autres sous-espèces, l’autruche de Somalis (Struthio camelus molybdophanes) et l’autruche d’Afrique du sud (Struthio camelus australis) ont une teinte de peau plutôt bleue.

L’autruche de Somalis a le sommet de la tête chauve tandis que celle d’Afrique du sud, l’a recouvert de petites plumes. Elle présente aussi un collier blanc très marqué alors que Struthio camelus australis n’en a pas (Voir carte de répartition de sous-espèces).

 

Struthio camelus molybdophanes est la plus grande sous-espèce de la famille, alors que Struthio camelus australis est la sous-espèce la plus lourde. Cependant, le croisement entre ces deux dernières est courant dans les fermes d’Afrique du sud et donne des hybrides fertiles.

 

SOUS-ESPECE NOM VERNICULAIRE PARTICULARITES LOCALISATION
S. camelus camelus Autruche d’Afrique du nord

Peau du cou et des cuisses rosâtres.

Plus chauve.

Collerette blanche au tiers inférieur du cou très visible.

Sahel, Mauritanie.

Ethiopie et Soudan.

En voie d’extinction.
S. camelus massaicus

Autruche des Massaïs

Autruche d’Afrique de l’Est

Peau du cou et des cuisses rosâtres.

Moins chauve.

Collerette blanche au tiers inférieur du cou étroite et peu conscrite
Kenya, Tanzanie
S. camelus molybdophanes Autruche de Somalis

Peau du cou et des cuisses bleu-gris.

La plus grande. Sommet de la tête chauve. Collier blanc très marqué.

De l’Ethiopie au Kenya.

Afrique tropicale de l’est.
S. camelus australis Autruche d’Afrique du sud.

Peau du cou et des cuisses bleu-gris.

La plus lourde.

Petites plumes sur le sommet de la tête.

Pas de collier.

Namibie (sauvage).

Botswana, Zimbabwe.

Afrique du sud.

Australie du sud.

 

S. camelus syriacus Autruche d’Arabie

Eteinte en 1924.

Dernier sujet abattu en Syrie.

 

 

            2 : MORPHOLOGIE

            2-1 : Généralités.

De nos jours, l’autruche est le plus gros des oiseaux. Elle peut atteindre 2,5 m et peser 150 kg.

Les autruches vivent dans des zones sèches, à l’intérieur desquels elles se déplacent en bandes à la recherche de nourriture. Ces milieux arides et sablonneux, où la végétation est rare sont cependant toujours caractérisés par leur aspect dégagé, autorisant un champ de vision étendu.

Ces animaux vivent en bandes regroupant plusieurs dizaines de mâles et de femelles jusqu’à la période de reproduction. A la saison de pluies, les bandent se scindent en famille.

L’autruche, tout en pouvant être monogame, pratique plus fréquemment la polygamie. Un mâle possède généralement trois femelles dans son harem, mais certains peuvent aller jusqu’à cinq.

            2-2 : La tête.

La tête de l’autruche est très petite. Le cerveau est de taille très réduite et rappelle celui des reptiles. Il pèse entre 33 et 40 g et n’est pas plus grand que l’œil de l’autruche qui pèse 60 g. Les yeux occupent les 2/3 de la tête. Ils font saillie de chaque côté de la tête, ce qui permet à l’autruche d’avoir une vision périphérique. L’acuité visuelle est exceptionnelle : l’autruche peut focaliser un objet juste en dessous de son bec ou discerner un objet en mouvement à une distance de 3,5 km. Sa vision et son long cou, tel un périscope, lui permettent de scruter l’horizon dans toutes les directions.

La paupière supérieure est garnie de cils. Pour protéger son œil, l’autruche possède une paupière nictitante qui se ferme horizontalement, de l’intérieur vers le bord externe de l’œil.

Les narines très larges ont une ouverture qui atteint la base des yeux.

Les oreilles sont réduites à deux orifices situés à l’arrière de la tête. Ils sont protégés par de petites plumes et peuvent s’ouvrir et se fermer à volonté. Les trous auriculaires, largement ouverts, captent les sons les plus ténus et améliorent son système de défense.

Le bec, relativement grand, est composé de 13 parties différentes maintenues ensemble par une membrane très solide. Cette dernière est nettement visible au-dessus des cavités nasales.

 
 

 

            2-3 : Le cou.

Le cou de l’autruche est particulièrement long (1 m au repos). Ce cou est remarquablement flexible et mobile dans toutes les directions, ce qui lui permet d’utiliser la tête comme un organe de préhension.

L’autruche n’a pas de cordes vocales pour produire des sons. Elle possède un organe vocal, le syrinx, situé à la bifurcation des bronches. Très peu développé, il ne contient ni muscles, ni cordes vocales mais seulement une membrane vibrante. Au début de leur vie, les poussins sont capables d’émettre de petits pépiements aigus. Cependant, ils deviennent rapidement muets. Seuls quelques sifflements des autruches en état d’excitation sexuelle peuvent être perçus. Le mâle est capable d’émettre un son spécifique durant la parade, que l’on appelle le « booming ». Il gonfle le cou et produit deux grondements courts suivis par un plus long.

 
 

 

            2-4 : Les ailes.

La structure des ailes permet d’étayer la théorie de l’évolution selon laquelle les oiseaux descendent des reptiles. Les écailles auraient évolué en plumes et les membres supérieurs en ailes. On retrouve dans l’aile certaines parties des membres tels le pouce, le coude et deux doigts. Le pouce et un doigt ont gardé une griffe qui rappelle celle des reptiles. Au cours des millénaires, l’autruche a évolué en une créature restant à terre, dont les ailes ont perdu leur capacité de vol. Bien que les ailes soient petites, elles peuvent s’étendre sur plus de 3 m. Elles permettent à l’autruche de garder l’équilibre lorsqu’elle court et tourne. En position d’attaque, l’animal les déploie totalement et, sans elle, la parade nuptiale des autruches n’aurait pas autant de charmes.

            2-5 : Les pattes

Le genoux de l’autruche ne correspond pas à l’articulation que l’on peut voir directement chez l’animal. En réalité, ceux-ci sont situés à hauteur du corps et sont recouverts par les ailes. Il en est de même pour la cuisse. L’articulation visible correspond en réalité au talon de l’animal.

Les autruches sont les seuls oiseaux disposant seulement de deux doigts. Le plus grand est le doigt intérieur. Ce dernier est doté d’un ongle en forme de griffe. Le doigt extérieur, bien que réduit, est essentiel à l’équilibre de l’animal.

Les pattes sont entièrement couvertes de plaques de corne dont l’intensité de la coloration varie en fonction de la période sexuel (chez le mâle).

L’autruche est dotée de membres inférieurs très développés. Le coup de pied se porte vers l’avant. Très puissant, il est utilisé comme une arme contre les prédateurs et représente un danger permanent pou l’homme.

La longueur des pattes, leur volumineuse musculature et la conformation particulière des pieds autorisent des déplacements rapides. L’autruche peut atteindre une vitesse de 80 km/h et soutenir une vitesse moyenne de 40 km/h pendant une demi-heure. La longueur des enjambées peut atteindre 4m. Cependant, l’autruche éprouve des difficultés à sauter des obstacles.

Malgré la puissance du coup de pied, les pattes sont très sensibles aux fractures.

Les muscles entourant le fémur et la région sacrale fournissent 95% de la viande exploitable dans une carcasse d’autruche.

            2-6 : Le corps.

Le tronc est large et ramassé, la ligne dorsale est nettement convexe. Le corps est recouvert de plumes molles et tombantes qui se raréfient à mi-poitrine pour laisser à découvert une callosité cornée.

La peau de l’autruche est épaisse et donne après tannage un cuir de grande qualité. La peau est un des produits les plus recherché chez l’autruche. Une bonne exploitation de cette dernière influe beaucoup dans la somme que l’on peut retirer d’une autruche complète.

            2-7 : Le plumage.

 
 

 

Les plumes, de la même manière que les cheveux ou les ongles, sont produites par l’épiderme. Elles ne contiennent aucun nerf. Les plumes se développent durant 8 mois avant que le tuyau ne soit mûr. La veine du tuyau est alors desséchée jusqu’à la jonction entre la plume et la peau. A ce moment, seul le morceau enfoncé dans la peau reste vivant et continue à se développer.

La plume de l’autruche pousse de 0,5 à 0,75 cm par jour. Il n’y a pas réellement de mue et les plumes tombent donc toute l’année.

L’autruche n’a pas de glande uropygienne qui sécrète des substances rendant imperméables les plumes des oiseaux. Sous la pluie, les plumes sont saturées d’eau, ce qui représente un risque de refroidissement.

Contrairement aux autres oiseaux, les plumes d’autruches sont symétriques. Les barbules sont de même longueur de chaque côté du rachis et ne sont pas intermittentes. Les ramis sont absents et les plumes ne forment pas une unité résistante à l’air, cela est une des causes du non-vol des autruches.

Le plumage de l’autruche présente des variations avec l’âge, le sexe et l’espèce.

A l’éclosion, l’autruchon est recouvert de son plumage périnatal, constitué de petites touffes de barbes raides. La couleur varie du brun foncé au jaune. C’est entre 2 et 3 semaines que les premières plumes apparaissent.

Il faudra ensuite attendre 1 an avant que les autruches commencent à adopter le plumage d’adulte.

            3 : ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE.

            3-1 : Le système digestif.

Le bec de l’autruche est adapté pour couper de l’herbe et de la végétation de la même manière que les incisives du ruminant. Le mouvement rapide de la tête permet d’arracher les végétaux. Les aliments peuvent s’accumuler dans un petit sac au fond de la gueule. Le contenu de cette poche est ensuite dégluti par un mouvement de la tête vers le haut. L’autruche ne dispose pas de dents et la salive produite ne contient aucun enzyme. La langue de l’autruche est lisse et de forme triangulaire.

Contrairement au mammifère, l’œsophage de l’autruche passe à droite du cou. Elle ne possède pas de jabot. L’œsophage est doté d’une grande capacité de dilatation. Il laisse passer des objet de taille relativement grande, qui ne peuvent traverser l’estomac, provoquant ainsi des occlusions. L’estomac peut également accumuler de la nourriture qui y forme une masse compacte. C’est le cas de l’herbe, de la paille, du gravier…

Ces obstructions interviennent depuis le stade poussin jusqu’à l’âge adulte. Elles doivent être prises au sérieux.

L’œsophage traverse la cage thoracique par le diaphragme pour aboutir à la cavité abdominale. Contrairement à la plupart des oiseaux, le diaphragme définit deux cavités : l’abdomen et le thorax.

La région stomacale est composée de deux secteurs bien distincts ; une partie glandulaire (l’estomac), séparée d’une partie musculaire (gésier).

L’estomac est un large réservoir dans lequel la nourriture est stockée et où commence la digestion. Il dispose d’une garniture de glandes digestives qui sécrètent de l’acide chlorhydrique et des enzymes.

La poche suivante est le gésier. C’est un organe musculeux qui dispose d’une doublure interne et cornée. A l’intérieur, on trouve jusqu’à 1,5 kg de gravier de la taille d’une bille. La paroi musculaire se contracte et écrase les billes entre elles, conduisant au broyage des aliments. Ces graviers s’usent régulièrement et doivent être remplacés. Sans ces graviers, l’autruche ne peut pas survivre. Il faut veiller à lui en fournir constamment. La protéolyse gastrique continue dans le gésier dans un milieu acide fort (pH = 2,2).

Les aliments traversent ensuite le petit intestin pour arriver au deux caeca. Ces derniers sont beaucoup plus développés que chez la plupart des oiseaux. Puis l’on arrive dans le gros intestin qui est divisé en un côlon proximal à paroi fine et en un rectum distal plus étroit et muni de membranes plus épaisses, contenant les matières fécales.

C’est le gros intestin qui distingue l’autruche en tant qu’herbivore strict. Les aliments transitent très lentement dans ce dernier, permettant ainsi une digestion efficace des fibres végétales par fermentation microbienne. Les bactéries produisent des acides gras qui sont la source principale d’énergie du métabolisme. L’absorption des nutriments issue de la digestion est quasi totale, comme la réabsorption de l’eau. La grande efficacité de la digestion est l’absorption des aliments dans le côlon permettant à l’autruche de survivre dans des conditions désertiques en se nourrissant d’aliments à valeur nutritive très faible.

            3-2 : Le système respiratoire.

L’autruche a deux poumons de couleur rose-clair. Chacun aboutit à cinq sacs aériens en communiquant directement avec les principaux os du squelette.

Ce système allège le corps de l’oiseau. Les ratites multiplient par cet artifice leur capacité respiratoire et leur formidable capacité à courir. Un inconvénient est leur relative fragilité osseuse.

            4 : LA REPRODUCTION.

            4-1 : Le système reproducteur femelle

La femelle de l’autruche possède deux ovaires, mais seul le gauche est totalement développé et fonctionnel. Elle dispose d’un phallus atrophié, plat de 2 à 3 cm.

Les techniques d’élevage intensif, tentant d’obtenir un nombre maximum d’œufs par femelle et par an, peuvent s’accompagner de troubles importants au niveau de l’oviducte (blocage par des œufs anormaux, infection chronique…).

Aux Etats-Unis en 1992, 30 à 70 % des femelles diagnostiquées par échographie, à la fin de la saison sexuelle étaient atteintes de troubles de l’oviducte, les rendant ainsi infertiles.

Comme chez les autres oiseaux, le cycle sexuel de l’autruche est réglé par la photopériode, c'est-à-dire les différences entre les jours et les nuits.

            4-2 : Le système reproducteur mâle.

Les deux testicules du mâle sont situées au-dessus des reins. Les testicules d’un jeune mâle de 18 mois ont la grosseur d’une noix. Pendant la saison sexuelle, ils prennent la taille d’une orange pour rétrécir ensuite lorsque le mâle se met à couvrir le nid. Bien que la lumière soit le facteur dominant, les variations climatiques semblent induire également des variations dans la grosseur des testicules.

Le mâle dispose d’un phallus rétractile qui lui permet de déposer le sperme à l’entrée de l’oviducte de la femelle.

            4-3 : La période de reproduction.

Au moment de la reproduction, la tête et les pattes des mâles se colorent en rouge ; ils s’exhibent en groupes, les ailes pendantes, montrant ainsi leur plûmes blanches. Plus tard, ils délimitent, loin des terrains de pâtures communs, des territoires où les femelles viennent les rejoindre.

La parade nuptiale est assez complexe : le mâle sépare d’abord une femelle du groupe ; puis le couple ainsi formé se met à pâturer, les deux partenaires faisant chacun  exactement les mêmes gestes. Ensuite le mâle s’accroupit, ouvre les ailes pour mettre en valeur ses plûmes blanches et se balance de gauche à droite en donnant à son cou une allure de « S » inversé. Pendant ce temps là, la femelle tourne autour de lui, et il lui arrive de prendre la posture d’accouplement.

C’est en principe le mâle qui défini l’emplacement du nid. Ce peut-être une simple dépression du sol ou une excavation creusée par lui à l’aide de ses puissantes pattes. Le nid aura une forme circulaire d’environ deux mètres de diamètre. S a profondeur sera entre 15 et 30 cm. Certain site son utilisé pendant plusieurs années de suite, mais par toujours par les mêmes sujets.

Là où les femelles pondent en principe toutes les 48 heures jusqu’à concurrence de 6 à 8 œufs chacune ; ces œufs on environ 20 cm de long et leur poids varient entre 1,2 kg et 1,8 kg.

Toutes les femelles du harem pondent dans le même nid et la ponte peu durer trois semaines. Puis la femelle dominante chasse les autres pour assurer seule, avec le mâle, la garde du nid.

L’incubation est beaucoup plus une ventilation des œufs qu’un réchauffement. Aussi, les œufs sont maintenus à l’ombre dans la mesure du possible.

Les deux sexes participent à l’incubation, mais le mâle n’y prend part que la nuit lorsqu’il est moins désavantagé par son plumage voyant. S des prédateurs menacent le nid, les adultes cherchent parfois à les éloigner en simulant une aile brisée. Le mâle peut également faire sa parade pour impressionner le prédateur.

L’incubation dure 40 jours. A l’éclosion, les poussins, haut de 30 cm, sont vigoureux et dés les premiers jours, ils sont capables de suivre leurs parents. A la naissance, les petits se ressemblent, il n’existe pas de dimorphisme sexuel entre eux. Dés les premiers jours, ils consomment gravier et petit cailloux, tentant d’attraper les insectes et les lézards.

Il arrive que les jeunes soient regroupés dans des crèches de 50 à 60 autruchons sous la surveillance d’un couple ou parfois même d’un seul mâle.

            5 : ALIMENTATION.

L’autruche se nourrit principalement de végétaux, fruits, graines et feuilles. Elle peut aussi manger de petits animaux tels que les lézards, insectes et reptiles. A l’instar d’autres oiseaux qui consomment des végétaux, l’autruche ingurgite régulièrement des éléments minéraux pour faciliter la trituration des végétaux et la décomposition de la cellulose.

Pour assurer son entretien, elle consomme chaque jour environ 5 à 6 kg de matière fraîche composée approximativement de 30% de matière sèche, 24% de fibre, 10% de protéines brutes, 16% de cendres et 3% de lipides.

L’autruche a un grand besoin d’eau. Quand elle n’en trouve pas, elle se rabat sur des plantes grasses et juteuses et sur des fruits. L’autruche peut ne boire que de l’eau salée à l’instar des oiseaux de mer, elle possède une forte glande nasale qui résorbe l’excédent de sel. Elle supporte également bien la déshydratation, de même que l’élévation de la température interne.

            6 : LES AUTRUCHES SAUVAGES.

            6-1 : Habitat naturel

Les quatre sous-espèces d’autruches présentent une grande diversité d’habitat. Trois sont des oiseaux de prairies : l’autruche d’Afrique du sud fréquente des formations herbeuses et buissonneuses, l’autruche de Somalis et des Massaïs vivent dans les brousses des régions soudaniennes où poussent des plantes grasses annuelles. La quatrième, l’autruche d’Afrique du nord, fréquente les terres semi-désertiques de type sahélien, dans des sites arides et sablonneux où la végétation est rare.

Ces milieux sont cependant toujours caractérisés par leur aspect dégagé, autorisant un champ de vision étendu. L’autruche sauvage évite à la fois la proximité de l’homme et les milieux naturels modifiés. En revanche, elle est très attirée par l’eau, qu’il s’agisse de ruisseaux, de mares temporaires ou même de minuscules points d’eau situés dans des anfractuosités de rochers.

Même dans son milieu naturel, l’autruche est manifestement un oiseau doté d’une grande capacité d’adaptation. Elle est capable de résister à de fortes chaleurs, comme des hivers rigoureux, voire même à des temps enneigés. Ainsi, S. camelus massaicus a été rencontré à des altitudes de 3000 m dans l’Est de l’Afrique. Les autruches acceptent des pluviométries très différentes, allant de 80 mm d’eau par an pour S. camelus massaïcus à 2000 mm pour S. camelus australis.

            6-2 : L’organisation sociale.

La vie communautaire des autruches est un des systèmes les plus compliqués du monde animal. En saison sèche, les autruches se rassemblent en société ou en troupeaux de plusieurs centaines d’animaux autour des points d’eau. Le troupeau se compose de groupe dont la structure a généralement une base familiale stricte. La famille ne se mélange pas dans les troupeaux. Les relations entre oiseaux de groupes différents se nouent après une approche ritualisée. Les mâles dominants dirigent collectivement le troupeau en se plaçant sur les côtés lors des déplacements.

Les mâles enseignent la structure sociale aux jeunes d’un an. Cet apprentissage s’appuie sur des attitudes et des sons particuliers. En général, à tour de rôle, les mâles dominants, lorsqu’ils ne sont pas astreints à la surveillance du troupeau, en posture de dominance font face à quelques jeunes. Ils émettent alors des sons sourds et puissants. Les jeunes immatures répondent par des attitudes de soumissions et de petits gloussements. Durant ces leçons, les protagonistes se déplacent beaucoup les uns par rapport aux autres. Ainsi la hiérarchie s’établit, le rang social étant indiqué par le port de la tête ; les dominants gardent le cou dressé alors que les subordonnés le portent de S, voire en U et baissent les ailes. La position de la queue est aussi un bon indice du rang social ; la pointe du croupion est portée haut par les dominants et très bas chez les soumis.

6-3 : Instinct de conservation.

Les autruches survivent dans la savane non seulement grâce à leur rapidité, mais aussi grâce à leur vigilance : elles ne dorment guère plus de 15 mn consécutives et leur haute taille combinée à une vue perçante, leur permettent de déceler le danger de loin.

L’autruche est un animal méfiant, lorsqu’elle perçoit un mouvement brusque ou une structure inhabituelle dans son entourage, elle panique et fuit.

L’autruche adulte a peu à craindre des prédateurs, elle ne se laisse pas approcher et peut fuir à 60 km/h. Cependant, les œufs et les jeunes peuvent être victimes des chacals, hyènes et autres prédateurs.

En cas de danger, les adultes conduisent les jeunes au loin, et pendant que ceux-ci se dissimulent en s‘aplatissant par terre, ils s’efforcent d’attirer l’attention des intrus en battant des ailes, en poussant des sons et en courant en tous sens. Ils peuvent même s’accroupir et soulever des nuages de poussières en frappant le sol de leurs ailes.

Quelquefois, c’est le mâle qui, seul, tente d’occuper ainsi le prédateur pendant que la femelle entraîne les jeunes à l’abri.

 

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